4’33 » : Jusqu’à ma mort il y aura toujours du bruit, et même après

le silence est un concept sans existence réelle

En 1948, Cage visita la chambre insonorisée (ou chambre anéchoïque) de l’université d’Harvard. Cage s’attendit à « entendre » le silence lorsqu’il entra dans la chambre, mais comme il l’écrivit plus tard : « j’entendis deux bruits, un aigu et un grave. Quand j’en ai discuté avec l’ingénieur responsable, il m’informa que le son aigu était celui de l’activité de mon système nerveux et que le grave était le sang qui circulait dans mon corps. »

Cage était sceptique quant à la fiabilité des commentaires de l’ingénieur, particulièrement sur le fait de pouvoir entendre son propre système nerveux. Quelle que fût la vraie réponse, Cage était allé dans un endroit où il s’attendait au silence total, mais y trouva quand même du bruit… Plus tard, il ajouta « jusqu’à ma mort il y aura toujours du bruit et ils continueront à me suivre même après ». C’est à ce moment qu’il réalisa l’impossibilité de trouver le silence quel que soit l’endroit et qui le mena à composer son morceau le plus populaire : 4’33 ».

Cage écrivit dans Les confessions d’un compositeur (1948) que son désir le plus cher était de pouvoir composer un morceau de silence ininterrompu. Ce dernier durera 4 minutes et 33 secondes, qui est la longueur standard de la musique « en boîte » et que son titre sera « une prière silencieuse ». Cage commenta son œuvre : « Elle s’ouvrira avec une idée simple que j’essayerai de rendre aussi séduisante que la couleur, la forme et le parfum d’une fleur. La fin s’approchera de l’imperceptibilité ».

Les autres influences de ce morceau proviennent des arts visuels : des amis de Cage, tel Robert Rauschenberg avaient produit une série de peintures « blanches ». Apparemment « vides », ces toiles changeaient de ton en fonction de la luminosité de la chambre dans laquelle elles étaient exposées ou en fonction de l’ombre des personnes les visualisant. Ces dernières ont beaucoup inspiré Cage sur la possibilité de créer une œuvre employant ce même vide, mais dans le domaine musical cette fois ci.

Une autre influence probable est celle du bouddhisme Zen et de la notion de non-agir. John Cage suivit pendant deux années les cours que le Daisetz Teitaro Suzuki donna à partir de 1951 à l’Université Columbia de New York.

Wikipédia : 4′33″