La présence sans attente

On pourrait définir la pleine conscience comme une présence sans attente. Etre présent à tout ce qui est là, que ce soit dans notre cerveau ou autour de nous, sans vouloir en obtenir quoi que ce soit, atteindre un but, contrôler, orienter.

C’est immensément dur, mais également immensément passionnant. Car on est à l’opposé de cette présence dans la plupart des moments de notre vie quotidienne. On est absent. On a la tête ailleurs. On est avec des amis, mais en train de penser à notre boulot de la journée ou à celui du lendemain. On lit une histoire aux enfants, mais on pense au repas qu’il va falloir préparer pour les invités. On est au travail et on pense à nos vacances. On est en vacances, et on pense … On est souvent absent à nous-même.

Dans nos vies, il y a des sources de bonheur, des sources de douleur. Que nous soyons dans le bonheur ou dans la douleur, gardons l’esprit ouvert au fait que notre existence, c’est tout cela à la fois.

Quand il y a de la douleur dans notre corps ou dans notre esprit, notre esprit ou conscience a tendance à se recroqueviller sur cette douleur. Si j’ai très mal aux dents, très mal au dos, très énervé par quelque chose ou très peur d’autre chose, je n’ai plus que cela en tête. Chaque fois que notre esprit se rétracte sur une douleur, il lui donne une importance démesurée. Il amplifie la souffrance (la douleur, c’est l’origine, la souffrance, c’est le retentissement sur nous). Et donc, le message de la pleine conscience, c’est chaque fois qu’il y a une douleur dans ma vie, prendre garde de ne pas me rétracter, de façon à ce qu’il n’y ait plus que cela dans ma tête. C’est là où on revient sur les techniques de pleine conscience qui consistent à dire à nos patients : acceptez que la douleur soi là, mais faîtes qu’il n’y ait pas qu’elle à votre esprit. Donc ajouter à la conscience de la douleur, la conscience de votre souffle, la conscience de votre corps, la conscience des sons qui vous arrivent, la conscience de l’univers qui vous entoure.

L’air de rien, le fait d’élargir, d’ouvrir ce contenant, ce réceptacle psychique de notre douleur, va faire qu’elle aura petit à petit une importance moindre. Elle sera toujours là, mais nous ne perdrons plus de vue les autres sources d’équilibre qui peuvent exister.

Rien n’est joué – Les cours de bonheur de Christophe André