Comment résister au mal dominant

Comment survivre aux médecins, aux hiérarchies et à notre société

En 5 mots : comment résister au mal dominant.

En 25 mots : une analyse critique de nos sociétés modernes ultra-hiérarchisées et obsédées par la normalisation qui détruit l’humain, suivie d’un message d’espoir fondé sur le Web 2.0.

En 50 mots : comment sommes-nous parvenus à un tel chaos social ? La Revanche du Rameur décortique les mécanismes génétiques de la machine à broyer l’humain. Les dominants sont toujours aux commandes malgré l’extension de la démocratie et ils continuent de piller le monde. Heureusement, le web communautaire redistribue le lien social et pourrait changer la donne.

En 10 lignes : le monde est en crise, ses valeurs aussi. Tout ce qui touche à l’humain s’effrite face à une normalisation sclérosante, à l’aliénation par la Démarche Qualité, à la corruption, aux oligarchies toutes puissantes. Le Dr Dominique Dupagne dissèque les mécanismes intimes, biologiques et primatologiques de ce désastre. C’est aussi un spécialiste du web communautaire, et il voit dans ce nouvel outil communiquant une source d’espoir pour ceux qui s’indignent à juste titre. Nos gènes ne dictent pas nos actes, mais ils nous influencent beaucoup plus que nous le pensons. Seule une prise en compte lucide de notre héritage génétique nous permettra de passer ce cap difficile. Nous entrons dans une nouvelle ère où le silicium remplacera définitivement la pierre polie : après dix mille ans de civilisations aussi primitives qu’éphémères, il est temps de sortir du néolithique.

En 15 lignes : la crise actuelle n’est pas une surprise pour ceux qui connaissent la nature humaine. Dominique Dupagne est médecin et il rencontre quotidiennement des êtres cabossés par la maladie, l’injustice ou l’aliénation sociale. Il ne s’indigne pas, il nous explique comment une lecture biologique des comportements d’homo sapiens permet de mieux comprendre une organisation sociale dont l’absurdité n’est qu’apparente : notre société fonctionne, mais au bénéfice exclusif de quelques-uns.
Quel que soit le régime politique, le mâle est génétiquement attiré par la quête du pouvoir et la constitution d’oligarchies, y compris au sein des sociétés démocratiques dites « modernes ».
Nous ne descendons pas des primates, nous sommes des primates.
Nous ne venons pas du néolithique, nous vivons toujours au néolithique.

Urgence

Ci-dessous, plusieurs retranscriptions de l’interview radiophonique. Un point de vue éclairant :

J’ai lu beaucoup de livres, où les gens expliquent que ça va mal, que c’est dramatique, que les hôpitaux coulent (des livres remarquables bien sûr), et qui expliquent leur souffrance. Mais j’ai l’impression que les gens n’avaient pas vraiment identifié la cause profonde de tout ça. Je relis tous ces dysfonctionnements, cette démarche qualité aliénante, cette désorganisation rampante, à la domination, qui est un instinct répandu chez les primates, et dont nous avons hérité. Ce livre est un outil en fait. Si on lit la situation actuelle, avec quelques images biologiques en tête, elle n’est plus absurde. Elle est parfaitement logique. Elle est terrifiante, mais on la comprend.

Or, moi, je suis médecin : une maladie, on peut se battre quand on l’a identifiée. Quand on va chez un médecin, qu’on se sent très mal, et qu’il vous dit : « Vous n’avez rien, je ne trouve rien », on ne va pas bien. Souvent, quand on voit des gens, et qu’on leur dit : « Voilà, finalement, j’ai trouvé, vous avez ça« , il y a certes le choc de la révélation, mais il y a aussi le soulagement d’avoir un adversaire contre lequel on peut se battre.

Là, mon but, avec ce livre, c’est de dire aux gens : « Vous aviez l’impression d’être fou. Vous avez l’impression que le monde autour de vous était complètement dingue. MAIS VOUS AVEZ RAISON. Bien sûr qu’il est dingue, mais ce n’est pas absurde. Il y a une logique derrière. »

La démarche qualité

C’est fondamentalement un dominant qui explique à des dominés : « Vous ne savez pas travailler, et maintenant, je me fiche de savoir si vous êtes compétents, vous allez suivre les procédures que je vais vous imposer. » Ce qui bloque complètement la personne qui travaille, parce que, en plus, elle ne peut pas faire le travail avec la procédure. Pour continuer à travailler, elle est forcée de s’écarter de la procédure, ce qui la met en faute. Donc, non seulement, elle est gênée dans son travail, mais s’il y a un problème, on va lui dire : « Mais, vous n’avez pas suivi la procédure ?! » On enlève à la personne qui agit, la capacité de s’adapter au travail, et de trouver les meilleures solutions pour le faire. C’est terrifiant.

Sexe et domination

Fondamentalement, nous sommes là pour diffuser nos gènes, ou ceux de nos proches, ou ceux de notre espèce. Chez le mâle, il y a une recherche de compétition, pour se reproduire. Il y a 4% de psychopathes chez les dirigeants, c’est-à-dire, des gens qui n’ont pas de sens moral et qui ne ressentent pas la souffrance des autres. Il est clair qu’il faut un profil psychologique particulier pour rechercher la domination. Quand vous arrivez en haut de la hiérarchie politique, c’est que vous avez franchi un certain nombre d’étapes et de barrières, qui fait que vous n’êtes pas absolument Monsieur Tout-le-monde. Domination et sexe est une constante dans la politique.

Les trois aliénations

Pour comprendre les trois aliénations décrites par François Sigaux, il faut prendre trois acteurs : la réalité, vous et les autres.

Première situation simple : vous ne voyez pas la réalité telle qu’elle est, mais les autres la voient : vous êtes fou, vous êtes un aliéné mental.

Deuxième situation : vous ne voyez pas la réalité telle qu’elle est, mais les autres non plus : vous êtes dans une secte. Vous ne voyez pas les choses, mais personne ne les voit. Vous êtes dans l’aliénation culturelle.

Troisième situation redoutable, l’aliénation sociale : vous voyez la réalité telle qu’elle est, mais les autres ne la voient pas. Ils vous disent : « c’est tout à fait normal ce qui se passe, c’est parfait. » Vous répondez : « C’est pas possible, on marche sur la tête, c’est absurde. Plus on est crétin, plus on est promu. Je ne peux pas comprendre une chose pareille. » Et en fait, vous pouvez glisser dans l’aliénation mentale au bout d’un moment, parce que vous vous dîtes : « c’est moi qui devient fou, ou alors il y a un problème. » Cela provoque des réactions très violentes.

La principale, c’est la révolte : on devient un révolutionnaire. La deuxième, c’est le repli sur soi-même, la dépression voir le suicide. Il y a la fuite, dont Henri Laborit en a fait l’éloge, en expliquant qu’on peut se réfugier dans le jardinage ou dans le bricolage. En fait, on va chercher une activité qui a du sens, quelque chose qu’on maîtrise, où on fait quelque chose, pousser des plantes par exemple. On arrive à faire quelque chose qui est une tache d’homme, et non pas une espèce de machine, qu’on condamne à faire des choses stupides.

Ce travail sur les trois aliénations, moi j’en parle souvent à mes patients, et cela leur parle énormément. Ils se disent : « Mais oui, voilà. Je suis dans l’aliénation sociale. Je comprends maintenant. Je ne suis pas fou. Ce sont les autres qui sont fous. »

Merci grand Jacques, de m’avoir piloté jusqu’à cet auteur :-)