L’ermitage intérieur

Qui n’a pas ressenti dans sa vie des moments, où l’existence et le lien social deviennent pesant, et où le goût de vivre n’habitude plus la rue du rendez-vous. Survient alors le désir de prendre congé de la routine, et de lâcher prise.

Pour moi, la mélancolie ne serait qu’une figure finalement de la blancheur, de la disparition. La disparition de soi est un continent, d’une certaine manière. C’est une tentation innombrable, qui touche des figures heureuses comme l’écriture, la marche, la musique, la pêche à la ligne, ou disparaitre pendant des heures sur un lac ou devant la mer. Ca touche aussi des moments beaucoup plus douloureux, quand c’est Alzheimer, la dépression, le burn-out ou autre.

Donc, je vois la blancheur comme un continent plein d’ambivalences, d’ambiguïtés, de reliefs, alors que la mélancolie ne nous empêche pas d’exister. Elle est au contraire une intensification du fait d’exister, parce qu’on sait, on est un peu triste du fait, que le monde est fragile, que nos existences sont vulnérables.

Dans la blancheur, il y a une volonté de retrait, qu’il n’y a pas dans la mélancolie, l’humeur noir, éprouvée quand on ne désire plus désirer. La mélancolie nous tombe dessus, alors que la blancheur est une forme de décision : je décide de ne plus être, et je suis encore.

Disparaitre-de-soi