La conscience de l’être

On compare parfois l’état d’éveil à l’attente, mais pas dans le sens classique d’attendre que quelque chose se produise. Dans l’état classique, vous ne vouliez pas du moment présent. Vous vouliez un autre moment. C’est l’état habituel d’attente : Je ne veux pas ce moment ; je veux le moment suivant.

Il existe un autre type d’attente, qui s’accompagne simplement d’un haut degré de vigilance. Vous êtes tellement alerte, que vous êtes totalement ici, totalement présent.

Un maître soufi, à qui l’on demandait qui lui avait appris cet extraordinaire tranquilité qui émanait de lui, a répondu que c’était un chat. Il a confié : « J’ai observé un chat pendant des heures. J’ai observé un chat qui épiait un trou de souris, et c’est comme cela que j’ai appris l’état de présence alerte. » Ce n’est pas une attente impatiente. C’est simplement être là.

Si vous observiez un chat qui épie un trou de souris pendant des heures, vous deviendriez présent vous aussi. C’est ça, l’état de bien-être. Avez-vous observé un chat qui épie un trou de souris ? Il reste parfaitement immobile, pas une seule pensée ne lui traverse l’esprit.

Je ne vous dis pas de retourner à l’état de conscience d’un chat, mais de vous élever au-dessus de la pensée. Même si cet état présente des similitudes avec l’état général des animaux, c’est un état qui présente une connexité beaucoup plus grande avec l’être, avec la source, que la plupart des humains. C’est pour cette raison que les animaux n’ont pas les problèmes qu’affrontent les humains. Ils ne sont pas la proie des problèmes, et ils n’ont pas besoin de thérapies. Le chagrin ne s’accumule pas chez eux, sauf dans le cas des animaux qui vivent à une telle proximité d’humains névrosés qu’il finissent par afficher un comportement névrotique. Aucun animal à l’état sauvage n’est névrosé. Vous pouvez en fait acquérir cet état de conscience, dont je parle souvent, en étant tout simplement très attentif, et en observant un animal, de préférence une bête sauvage.

Mais même des animaux qui vivent au sein des humains, réussissent à rester sains d’esprit. Il est merveilleux d’observer un chat, comment il se déplace, son mouvement gracieux, comment il est totalement impliqué dans le moment présent, comment il se détend, la forme de son corps quand il est couché et qu’il se détend. La forme d’un chat, qui se détend, présente une telle harmonie, que de nombreux peintres l’ont prise pour sujet.

« La conscience de l’être » peut être écouté sur ce blog