Vivre la paix intérieure

Une religion a utilisé les mots « vide » et vacuité pour décrire le summum de ce qu’un être humain peut réaliser. Le bouddhisme emploie le terme de vacuité pour désigner le but final. Bouddha lui-même a employé cette expression. Ensuite sont arrivés les savants pour réfléchir à ce que cela pourrait bien signifier. Les universitaires qui étudient le bouddhisme ont inventé des théories étranges. Ils ne le font peut-être plus maintenant, parce que le bouddhisme est désormais très vivant dans l’occident, mais, lorsqu’il fut introduit pour la première fois au XIXème siècle, un professeur de théologie en voyant que Bouddha parlait de vacuité, écrivit : « Le bouddhisme est un système de croyance nihiliste qui renie la vie, une structure de croyance athée. » Chaque mot de cette phrase est faux. Bouddha a simplement utilisé un autre indicateur, en parlant de vacuité. Bien sûr, le terme n’est pas très inspirant. A moins de le réaliser, cela n’a pas de sens.

Qu’est-ce donc que la vacuité ? La connaissance de vous-même en tant qu’espace. Voilà un bon mot : l’espace, dans lequel tout a lieu. Vous êtes cet espace.

Nous avons donc le monde de la pensée, et le monde des choses qui sont traduites en pensées, ce que nous pourrions appeler « la conscience objet », « la conscience des objets » ou « la conscience se transforme en objet ». Pour la plupart des gens, c’est tout ce qui existe. Leur vie consiste en cela. Elle est remplit de choses, de consciences-objets. Une chose, puis une autre. Que dois-je faire maintenant ? Quelle est la prochaine chose ? Le mental ne s’arrête jamais, sauf quand ces gens s’endorment. Dans les derniers moments, juste avant de vous assoupir, vous avez un peu de paix. C’est parce que vous tombez dans l’inconscience, mais c’est mieux que d’être torturé par le mental.

Après avoir été torturé par votre mental toute la journée, vous arrivez à la maison, vous vous versez un whisky, vous le buvez, et petit à petit, vous vous approchez de l’inconscience. Pour la première fois de la journée, vous vivez un peu de paix, cette paix qui vient quand le mental ralentit, puis s’arrête.

Mais ce qui se passe, c’est que vous tombez à un niveau situé en-dessous de la pensée. C’est peut-être mieux que d’être torturé, mais ce n’est pas notre but. Nous ne voulons aller au niveau du règne végétal ou animal. C’est très beau pour un animal d’être un animal. Il est parfait de bien des façons, plus parfait que n’importe quel humain. Les arbres, les animaux sont de magnifiques expressions de conscience à leur propre façon. Mais le destin des humains est de s’élever au-delà de la pensée. Pour avoir un peu de répit sur votre mental, vous ingérez des substances qui tendent à vous emmener vers l’inconscience, vers le sommeil. Vous n’avez pourtant pas besoin de vous rendre jusque-là.

Ici, nous allons au-delà, et nous trouvons la quiétude et la paix sans perdre conscience. En fait, nous atteignons une conscience plus profonde. S’il n’en n’était pas ainsi, presque personne ne voudrait renoncer au fait d’être humain pour avoir la paix intérieure, car c’est l’un des aspects de ce dont nous parlons : connaître ! c’est-à-dire, trouver la dimension de la paix intérieure, qui est la dimension de la conscience sans forme à l’intérieur de nous. Seriez-vous prêt à mettre n’importe quel prix pour avoir la paix intérieure ? Non.

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