Entre Soi et Moi, le Je véritable

Jung envisage le processus d’individuation essentiellement comme un travail de conjonction des opposés psychiques. Travail est à comprendre comme le travail lors d’un accouchement, c’est-à-dire comme la mise au monde d’une totalité ouverte, à partir de forces contraires, de complexes autonomes, comme par exemple le complexe du Moi. Comment s’opère ce travail de conjonction des opposés dans le processus d’individuation ?

Tour de Babel, Pieter Bruegel l'Ancien, 1563
Tour de Babel, Pieter Bruegel l’Ancien, 1563

Jung parlait du complexe du Moi. Autrement dit, le Moi est fait de bric et de broc. En même temps, nous en avons besoin de ce moi pour habiter ce monde. On parle souvent de la splendeur du Soi. Jung le dit bien dans sa correspondance : le Soi ne se manifeste que si le Moi est construit, c’est-à-dire qu’il faut quelque chose pour le recevoir. Il faut quelque chose pour le refléter d’une certaine manière, sinon on ne saurait jamais ce qu’est le Soi.

Le Soi a besoin du Moi. Mais est-ce que le Moi pour exister réellement, pour ne pas être d’une certaine manière qu’un simple complexe, pour accéder à ce que j’appelle dans mon vocabulaire un Je véritable … Est-ce que le Moi n’est pas obligé d’être ouvert au Soi ? Est-ce que le Moi n’est pas précisément une conjonction des opposés ? Est-ce que l’individuation n’est pas une conjonction des opposés en tant que telle ?

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