Instase — Samādhi

Par opposition à l’extase, qui signifie étymologiquement « sortie de soi-même », l’instase ou Samādhi est une descente en soi-même.

Instase

Les sages et les saints en Inde faisaient l’expérience de ces états successifs. Qu’est-ce qu’un état de Samādhi permanent ? Il naît spontanément, c’est-à-dire qu’il est au-delà de l’effort et de la volonté personnelle. Cet état, ce Samādhi est en permanence présent, et il se vit comme en fond d’écran à travers les aléas de la vie. C’est la conséquence de l’état de libération. Mais, ça peut se travailler.

S’il y a des étapes, c’est qu’il y a un chemin, sinon il n’y aurait pas d’étapes. Et donc, il y a des conditions qui sont essentiellement intérieures, mais aussi extérieures : si vous travaillez dans des conditions très difficiles, vous n’atteindrez pas le Samādhi. Il vaut mieux avoir des conditions de vie un peu retirée et un peu calme. Ca se vit dans la vie, dans l’existence. Les conditions sont essentiellement intérieures.

Pour atteindre cette profondeur, et cette permanence dans le Samādhi, il existe des exercices. Et l’Inde a été extrêmement créative dans ce domaine ! Il y a tous les exercices de respiration autour du souffle de vie, plus largement que la seule fonction respiratoire. Il y a tous les exercices corporels, les postures de yoga, qui ne servent qu’à une chose : obtenir le calme du corps de manière à ce qu’on puisse rester dans une immobilité. Et à ce moment-là, atteindre d’abord une concentration, puis une méditation de plus profonde, et enfin cet état de méditation permanente.

Le Samādhi, dans son expression la plus grande chez le libéré vivant, c’est un état permanent. Et chez les autres, c’est aussi un état permanent, mais les autres ne s’en aperçoivent pas. Il faut donc qu’ils fassent oeuvre de leur volonté. Il faut qu’ils fassent un travail pour accéder à cette spontanéité. Avoir accès à ce qui est déjà présent. Cet état d’éveil est en nous, mais il y a un travail à faire pour aller vers lui et le laisser émerger. En un sens, il n’y a pas de chemin, puisque tout est déjà là.