Le pari de vivre 120 ans

Je fais le pari que je vais vivre 120 ans, donc, je suis à un peu plus de la moitié de ma vie. Donc, j’ai des projets pour les 30, 40 prochaines années. De deux choses l’une : ou je vis 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans de plus, je vais les faire, je veux créer une université de la complexité, je veux lancer de nouveaux bouquins, je veux faire des films sur des trucs, je veux former des jeunes. Si je meurs demain matin, je suis mort avec mes projets, donc, c’est gagnant-gagnant. Je ne perds rien, je gagne tout.

Création, gestion de temps. Gestion du temps et création. On n’a qu’une vie. Une vie. Autant faire de cette vie un original, pas une copie de la vie de quelqu’un d’autre. Une œuvre. Sa vie, c’est un travail qu’on fait pour soi et pour les autres, on fait une œuvre, une œuvre artistique de sa vie, si on peut, quelque chose qui reste, qui soit unique.

Les gens voient la vie comme un escalier qu’on descend vers un trou qui s’appelle la tombe, on tombe dedans, on est mort, on vous enterre. Pas du tout ! La vie, c’est un escalier qu’on monte et chaque marche est encore plus passionnante que celle qui est derrière puisque c’est du temps investi qui s’accumule sur cette marche. Plutôt que d’attendre le futur, il faut le construire, parce que au moins, il sera celui qu’on voudra qu’il soit plutôt que de prévoir le futur qui va venir.

Qu’est-ce que c’est, l’idée de l’homme symbiotique ? C’est la symbiose entre les humains et tout ce qu’ils ont extériorisés autour d’eux, que j’appelle le cybionte, c’est-à-dire cette espèce de réseau planétaire, interconnectant le cerveau des hommes et des ordinateurs. Je pense — je ne sais pas si c’est partagé par tout le monde — que dans quelques années, un des grands luxes sera d’être débranché, déconnecté, un peu comme aujourd’hui quand on se met sur la liste rouge du téléphone.

le portrait dessiné par Contact TV