La docte ignorance

L’expérience

Il y a ce phénomène d’apparition, d’épiphanie du divin dans notre conscience, et ça, c’est de l’ordre de l’expérience. De l’expérience intime, de l’expérience intérieure, de l’expérience de l’âme, de l’expérience du coeur : le moment où, dans un embrasement d’amour (il ne faut pas oublier qu’il y a un aspect érotique extraordinairement fort dans cette expérience proprement dite. Il y a aussi participation de la sexualité. C’est un thème que l’on voit revenir bien entendu avec le féminin, mais c’est un thème que notre occident a souvent beaucoup trop oublié : le sexuel en tant que tel est en couple profond avec le spirituel, et a à voir donc avec le divin. Il y a une expérience donc fondamentale, qui est de l’expérience brulante de l’âme si l’on puit dire.

La voie de la connaissance

Et puis d’autre part, il y a l’explication que nous nous en donnons à nous même, c’est-à-dire, où nous ne nous laissons pas submerger par cette expérience au risque d’en perdre la raison, mais où il y a une explication avec cette expérience, qui essaie de la clarifier, de la purifier, qui essaie d’en rendre compte, et qui est effectivement la voie de la connaissance.

Expérience et connaissance

Nous nous retrouvons devant cet ensemble assez curieux pour les esprits que nous sommes et façonnés par la culture qui est la nôtre : nous ne pouvons pas séparer l’expérience de la connaissance, qui donne tout son sens à l’expérience. Et en même temps, nous ne pouvons pas séparer la connaissance de l’expérience, car sans expérience, il n’y a pas de connaissance possible.

La docte ignorance

Nous arrivons à ce que certains grands théologiens avaient déjà désignés du terme la docte ignorance, l’ignorance savante : c’est un certain type d’ignorance qui nous en dit le plus. Alors évidemment, il ne s’agit pas de l’ignorance vulgaire, à laquelle justement on fait allusion.

La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information.

Albert Einstein

Albert-Einstein