La fin est dans le commencement

La fin et le commencement, c’est la sortie du rapport au temps comme succession, qui se fait d’elle-même quand a lieu la musique. Quand a lieu le phénomène musical, c’est-à-dire, quand est atteint le tempo qui permet la corrélation de tous les éléments. La deuxième note est lourde de la première, et la troisième … et ainsi de suite j’allais dire, sauf que ce n’est plus une suite, puisque précisément ça s’amplifie, ça ne se succède pas, ça se nourrit, ça se structure, ça se corrèle, tout s’ajuste, tout s’ajointe. Et on entend …

Si on pense en terme de successions de notes, on peut penser en terme de vitesse. Si on ne pense plus en terme de successions et qu’on pense en terme de rapports pour arriver à ce que Sergiu Celibidache appelle la réduction, au fond, la mise en corrélation de tout avec tout…

… Effectivement …

La fin est dans le commencement.

Quelque soit l’endroit de la composition où je me trouve, je suis en train de vivre ce présent comme résultante inéluctable de tout ce qui a précédé, et comme condition suffisante pour tout ce qui va suivre. Je n’ai pas trente six mille façons de jouer le commencement, puisque ce qui doit en sortir, c’est tout le mouvement. Ce mouvement, pas un autre. Et ce mouvement d’une certaine manière, c’est-à-dire telle que je puisse continuer de mesure en mesure, d’intervalle en intervalle….

J’avance …

Et puis la fin, c’est la même chose en sens inverse. La fin est la tenue de toutes les promesses du commencement. Elle est la conséquence se produisant de tout ce qui précède.

Philosophies.tv : Sergiu_Celibidache, la musique n’est rien

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