La médecine intégrative

Mieux vaut prévenir que guérir

Depuis le XVIIème et XVIIIème siècle, nous vivons dans un paradigme qui repose sur un postulat philosophique qui place l’être humain en dehors de la nature. On considère qu’avec notre intelligence, en comprenant bien la nature, nous allons la contrôler. On a oublié qu’on faisait partie de la nature, et ça, c’est bien dommage. Et du coup, nous avons développé une science analytique, qui découpe tout en petit morceau, et nous considérons l’être humain comme un ensemble de petits morceaux. On ne le voit pas dans sa globalité. Et c’est encore plus dommage, car on soigne le coeur au premier étage de l’hôpital, les poumons au deuxième, la psychologie au cinquième étage, et on a du mal, même entre médecins, à faire la synthèse de tout cela.

Alors pensez entre différentes médecines, la médecine chinoise, ayurvédique indienne, la chiropratie, la médecine conventionnelle et scientifique, comment se parler ? Comment trouver un langage commun ? C’est déjà la première difficulté : parler la même langue au service du patient. Et c’est cet effort-là qu’il va falloir faire, si nous voulons créer une médecine intégrative, qui est capable de regarder toutes les dimensions de l’être humain.

Mais notez que c’est sur ce postulat philosophique, que le monde qu’on a construit connait les grandes crises, qu’il voit arriver à l’horizon : la crise écologique vient de cette incompréhension de la globalité : on pollue à Tokyo et on se rend compte qu’il y a des répercutions à Strasbourg. On commence à dire : « ah oui, c’est relié ». Mais évidemment que le corps est relié avec les émotions, et avec la pensée. Et que la pensée est reliée aux émotions et au corps. Quand on va accepter de voir cela, on pourra faire plus que réparer et exercer cette toute puissance qu’on croit avoir. On pourra prévenir.


Un mouvement important de l'esprit intégratif à l'oeuvre, est la transformation progressive de la médecine en médecine intégrative. Ce mouvement marque la fin des spécialisations à outrance qui segmentent et tronçonnent l'homme en morceaux, comme s'il était un objet, pour au contraire le considérer de manière globale, comme un tout "corps-esprit". Cela entraîne la réunification, le rapprochement de toutes les techniques de guérison c'est à dire leur intégration. Le journal "Santé Intégrative" se propose d'expliciter ce nouveau courant de la médecine intégrative.
"La médecine intégrative est la médecine du futur" : une interview du Dr Thierry Janssen

La Musique – Henri Matisse (1939)