La plasticité cérébrale

C’est un phénomène qui touche essentiellement les neurones, et à différents niveaux du neurone. Ca va partir de l’expression moléculaire que le neurone va pouvoir mettre en avant en fonction des conditions dans lesquelles il se trouve, également aussi en fonction des contacts synaptiques avec les autres neurones qu’il va pouvoir établir, notamment en formant des épines ou en allongeant ses prolongements (les dendrites ou les axones), et également en changeant sa connectivité avec les neurones.

Il y a donc différents niveaux de modulation de l’information. La décharge et l’activité électrique du neurone va être dépendante de ses modifications à ces différentes échelles. Le neurone va pouvoir modifier, et ses contacts synaptiques, et les molécules qui renforcent ses contacts synaptiques et son câblage, pour acquérir de nouvelles compétences, mémoriser ou palier à des déficits liés à des AVC.

Le cerveau humain adulte, c’est à peu près 100 kilomètres de vaisseaux sanguins, 200 milliards de cellules, dont 70 milliards de neurones, et 120 milliards d’autres cellules qui sont les cellules gliales, et qui elles aussi participent de la plasticité à toutes les échelles, depuis la plasticité synaptique (le contact entre deux neurones, qui est en fait devenu aujourd’hui un contact tripartite : deux neurones plus un pied d’une cellule gliale – l’astrocyte – qui va réguler la communication, jusqu’à des états plus larges des changements d’architecture. Par exemple, l’aire du cortex cérébral dédiée à la main gauche chez un violoniste virtuose est d’un tiers supérieur à ce qu’elle est chez un individu qui ne sait pas jouer du violon.

Ca se voit et ça se mesure : la synapse, c’est de l’ordre du micron, il faut des électrodes. Par contre avec un IRM fonctionnel, on arrive à voir des changements du cortex cérébral, qui est plus macroscopique.

Main-musicienne

L’ensemble des pratiques méditatives se basent sur une propriété du système nerveux qu’on appelle la neuroplasticité. Il y a quelques dizaines d’années, on pensait que le cerveau adulte était une sorte de système précablé une fois pour toute, une sorte de hardware d’un ordinateur, et en fait ce n’est pas du tout le cas. A chaque apprentissage, à chaque action et même à chaque pensée, le cerveau se transforme. De la même manière qu’un entrainement physique façonne la musculature, notre mental peut d’une certaine manière transformer le cerveau, et c’est ce qui est la méditation. C’est-à-dire pratiquement, si on s’entraîne suffisamment longtemps, l’esprit d’une certaine manière peut transformer le cerveau qui lui donne naissance. C’est quelque chose d’extraordinaire, qu’on retrouve dans d’autres champs que la méditation.

Un entrainement intensif peut transformer le cerveau dans sa structure.