La synchronicité

Lorsqu’il avance la notion de synchronicité, c’est-à-dire lorsqu’il essaie de la comprendre — il en est le père bien entendu, mais en même temps, c’est quelque chose qui existe depuis toujours : le Yi-King par exemple est entièrement fondé sur l’idée de synchronicité —, on est obligé de sortir de nos sillons occidentaux.

Pour nous, une chose n’existe qui si on lui trouve une cause. Nous habitons un temps linéaire, dans lequel une cause produit un effet. On voit bien qu’un chinois par exemple, se pose des questions complètement différentes : « Pourquoi des évènements aiment arriver ensemble ? » Au lieu d’explorer le temps en lui cherchant sa racine, on essaie de penser le temps sous le règne de la finalité. Dans la psychologie de l’inconscient, Jung dit qu’évidemment il faut tenir compte de la causalité, mais il faut également tenir compte de la finalité. Nous ne sommes qu’un moment dans le temps. Nous avons tout un passé derrière nous, et tout un avenir devant nous.

La synchronicité, c’est un évènement physique extérieur objectif – si tenté que l’objectivité existe – qui se produit en même temps qu’un état psychique intérieur qui y répond.

Ce qui veut dire que cela créé du sens pour la personne, qui en est le témoin, et ça va déclencher un certain de nombre de choses en lui.

Dans son essai sur la synchronicité, Jung donne l’exemple de cette fameuse patiente qui était ultra-rationaliste – et en même temps, je n’ai rien contre la raison, loin de là, bien au contraire -, elle était trop rationnelle. Elle ne connaissait que ça.

Un jour, elle raconte à Jung un rêve qu’elle avait fait dans la nuit, d’un scarabée doré. A ce moment-là, un bruit à la fenêtre. Jung ouvre la fenêtre. Il se retourne vers la patiente en lui tendant un scarabée doré. Un scarabée dorée est d’origine égyptienne, donc autant dire qu’il y avait peu de chance d’en rencontrer en Suisse. Jung dit bien qu’on a une synchronicité que dans la mesure où on ne peut établir de rapport de cause à effet. Cela veut dire que d’abord on recherche toutes les causalités possibles. Ce n’est véritablement que lorsqu’on n’est pas arrivé à en trouver, qu’on va avancer l’idée de synchronicité.

Extrait d’une série d’émissions « A vue d’esprit » dédiée à Carl Gustav Jung