La tentation d’un Internet fragmenté

Tout est possible sur Internet, comme on le sait. Il est possible qu’il y ait d’autres solutions techniques que les DNS. D’ailleurs, il y a d’autres solutions techniques aujourd’hui. La raison pour laquelle le DNS continue à être important, c’est le fait que l’économie du monde et la valeur de l’Internet s’appuie sur le fait que l’Internet est uni.

J’étais en Chine il y a quelques jours. Là par exemple, j’ai vu une application, qui a des centaines de millions d’utilisateurs dans la Chine, mais également 110 millions d’utilisateurs en dehors de la Chine, partout dans le monde. Beaucoup de gens pensent que les Chinois ont assez de masse pour avoir leur Internet. Mais même pour eux, l’importance d’un Internet uni, d’un DNS qui unifie la structure de l’Internet, est cruciale. Une étude récente du Boston Consulting Group démontre que si l’Internet est fragmentée peut coûter aux pays jusqu’à 2,5% de leur PNB. Donc ils ont démontré dans cette étude très intéressante, qu’il y a 55 facteurs de friction. Plus les pays mettent en place ces frictions, moins leur PNB se développe.

Souveraineté

C’est vrai que si on pense à tout ce qui peut être fait qui n’est pas bien sur Internet, la réaction simple consiste à diviser, de créer des Internets limités. Mais je crois qu’on va perdre beaucoup plus si on divise l’Internet. Ce que l’on doit faire au lieu de réagir à une division de l’Internet, c’est de mettre en place des nouveaux principes de gouvernance, qui remettent la confiance dans le système. Et ça va prendre du temps. Tous doivent participer : gouvernements, acteurs civils, industries …

Fadi Chehadé est l’actuel président de l’ICANN.

Fragmente