L’acte de percevoir

L‘acte de percevoir n’est pas que naturel. Il est aussi culturel. Et dans cette dimension culturelle qui est elle-même très diverse, il a une dimension technique. Il n’est pas uniquement le fruit d’un mécanisme neurobiologique, même si c’est aussi le cas : il y a un substrat biologique à l’acte de percevoir, que les neurobiologistes étudient très bien. Nous apprenons à percevoir le monde depuis notre plus tendre enfance, à l’aide d’objets qui nous entourent sur lesquels nous nous appuyons.

Par exemple, le smartphone aujourd’hui pour communiquer avec nos amis. Par exemple, la radio : lorsqu’elle est apparu, elle a aussi beaucoup cristallisée les passions de la jeunesse. Nous apprenons le monde grâce à un environnement d’artéfacts, qui existent au moment où nous naissons, qui est complètement lié à un moment de l’histoire.

Artéfact

Un artéfact ou artefact est un effet (lat. factum) artificiel (lat. ars, artis). Le terme désigne à l'origine un phénomène créé de toutes pièces par les conditions expérimentales, un effet indésirable, un parasite. Mais sous l'influence du faux-ami anglophone Artifact, le mot est parfois employé pour désigner de manière générale un produit ayant subi une transformation, même minime, par l’homme et qui se distingue ainsi d’un autre provoqué par un phénomène naturel.

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Notre perception est affectée par les conditions de la culture technique dans laquelle nous vivons, au point où les différents appareils proposent des perceptions différentes : le téléphone a amené de nouvelles perceptions de l’autre, les réseaux sociaux aujourd’hui également.

Mais cela a aussi des effets sur la perception des choses naturelles elles-mêmes. Percevoir le ciel, ce n’est pas tout à fait la même chose, lorsqu’on vit à l’époque des machines à vapeur ou à celle des machines numériques ou à celle des machines de bois.

On peut prendre un exemple tout simple de cela : aujourd’hui, lorsqu’on est face à un paysage, on a parfois envie de partager ce moment sur les réseaux sociaux. La manière dont on regarde ce paysage est influencé par le fait que nous vivons habituellement avec des appareils numériques, quand on n’est pas face à ce paysage.

Le processus de la perception est modifié culturellement à travers les différentes époques de l’histoire par les techniques environnantes.

The Last Child, Gottfried Helnwein, 2008
The Last Child, Gottfried Helnwein, 2008