Le neurofeedback

Il faut peut-être aussi considérer que le cerveau peut se réparer lui-même, et cela a souvent été négligé. L’imagerie commence à montrer aujourd’hui que la plasticité du cerveau fait qu’il peut éventuellement se reprogrammer. Il a été montré par l’IRM de diffusion que chez certaines personnes dyslexiques, il existe des voies de communication anormales, des fibres anormales dans des régions qui sont liées au langage.

Quand ces personnes sont rééduquées – sans médicament, sans stimulation électrique, juste la pratique -, on s’aperçoit que ces personnes progressent. On voit que des connexions cérébrales se refont. C’est extraordinaire. On peut améliorer des connexions neuronales par certaines pratiques. On en est aujourd’hui au début : mais si on comprend mieux le fonctionnement cérébral, si on a une meilleure idée de la manière dont il est organisé et il fonctionne, on pourrait peut-être capitaliser sur le cerveau lui-même, qui pourrait peut-être prendre en charge des déficiences.

Neurofeedback

Le neurofeedback

Des essais ont été faits. C’est ce qu’on appelle le neurofeedback. On installe dans un système IRM des patients qui ont des douleurs chroniques, ou qui sont en état de dépression très avancé et chronique. On leur montre ensuite sur un écran, l’image de la flamme d’une bougie par exemple. Et l’intensité de la flamme est corrélée à l’activité d’une région cérébrale liée à la douleur. On leur dit : « Voilà, vous voyez cette petite flamme. Imaginez ce que vous voulez. Vous devez en faire diminuer l’intensité ».

Et en faisant cela, la douleur disparaît. C’est extraordinaire. Donc ils arrivent, chacun par sa propre méthode, à diminuer l’intensité de cette flamme, qui veut dire qu’il y a une diminution de l’activité des centres de la douleur. Les gens ont sans doute la même douleur, mais ils ont appris à ce que leur cerveau ignore l’information douleur. Quand ils sortent de l’IRM, ils gardent cette propriété pendant apparemment très longtemps.

On ne peut pas faire ça tous les jours avec tout le monde. Ce n’est encore que de la recherche. Mais on ne leur donne pas la méthode pour y arriver. On leur donne l’objectif. C’est une sorte de miroir : la personne voit son propre cerveau. Et on n’a beaucoup plus confiance dans son propre cerveau sans doute que dans la parole de quelqu’un d’autre …