Le séquençage du fœtus

Aujourd’hui, on peut séquencer les fœtus sans faire d’amniocentèse, car il y a un petit peu d’ADN du bébé qui passe le placenta et qui passe dans le sang de la mère. Donc en séquençant le sang de la maman, on récupère l’ADN de la mère et de l’ADN du fœtus, et la puissance des logiciels est telle aujourd’hui, que l’on sait séparer l’ADN fœtale de la maman. Et on peut faire cela avant dix semaines. Et donc on peut donner un diagnostic génétique aux parents avant les douze semaines d’aménorrhée, de limite de l’avortement pour convenance personnelle. C’est-à-dire où l’on n’a pas besoin de justifier pourquoi on avorte.

Alors que lorsqu’on analysait au microscope les trois chromosomes de la trisomie 21, on était à vingt semaines et il fallait une autorisation collégiale des médecins : c’était une Interruption Médicale de Grossesse. Les nouvelles technologies de séquençage du fœtus permettent de voir pas seulement la trisomie 21, mais les trois milliards de paire de base du fœtus, très précocement à un moment où l’avortement est totalement libre. C’est une bombe éthique et politique. Car vous comprenez bien que pour empêcher les parents d’utiliser ces technologies-là, il faudrait interdire l’avortement libre. Et il n’est moralement pas différent, d’avorter parce qu’on a un futur enfant qui n’a pas les yeux bleus, ou d’avorter parce qu’on préfère être enceinte en hiver et pas pendant les mois d’été. Notamment aux Etats-Unis où l’avortement est le premier mode de contraception devant la pilule. Il va être difficile d’empêcher les parents de faire de l’eugénisme sans raison, alors que l’avortement est libre.

Sequencage du foetus