Le vide quantique

Ce vide a quelque chose d’un peu frustrant, c’est qu’il lui manque un repère. La notion géométrique de vide nous précipite presque dans un gouffre. C’est un mot trop profond, comme l’ivresse des profondeurs. Il entraine une ivresse métaphysique un peu douteuse, dont je suis victime. Je suis totalement intoxiqué. Si on dit vide et lumière, c’est-à-dire que si on associe immédiatement le vide à la lumière, alors on se retrouve dans un registre peut-être un peu moins inquiétant, puisque le vide devient le magicien qui produit la lumière, et la lumière … etc … on retrouve non pas le Fiat Lux, mais un élément un peu moins desséchant que le vide.

Joseph Brewster - Floating Lights - 2013
Joseph Brewster – Floating Lights – 2013

Le mot vide est sujet à caution. Il faudrait le rebaptiser, car il entraine énormément de confusions : le vide quantique n’a rien à voir avec le nirvana, et je crains que ce vide donne des prétextes à l’ésotérisme, alors que c’est une notion de physique. Mais pas que de physique, mais aussi de philosophie, de métaphysique … C’est un terme très dangereux. La notion de vide est devenue très polymorphe. Vide est un mot, dont la signification n’a cessé d’évoluer au cours des âges.

Bergson disait aussi que c’est une idée destructrice d’elle-même, quand on confond le vide et le néant. Dès qu’on se met à penser au néant, on se met à penser à quelque chose, que le néant ne peut pas être puisqu’il n’est rien. Penser le rien, ce n’est jamais penser à rien. Et donc, il est toujours l’objet d’une forme de projection de ce que l’on sait par ailleurs.