L’ennemi

Le Lion de Saint-Jérôme

Au lieu de le laisser à l’extérieur de la ville, Saint-Jérôme amène le lion à l’intérieur de la communauté humaine. Les moines, robes au vent, s’enfuient en courant devant l’avènement du lion dans leur maison.

On raconte que Saint-Jérôme s’est approché du lion terrifiant, menaçant, toutes griffes dehors, et avait repéré dans ses pattes au milieu de ses griffes une épine. Il lui avait, comme on dit, tiré une épine du pied. Du coup, oubliant sa souffrance, le lion devient complètement apprivoisé, domestiqué, apaisé, et devient comme un petit chiot qui suit son maître. Moi, je ne crois pas qu’il lui ait tiré une épine du pied. En s’approchant de son ennemi, on s’aperçoit que ses griffes ne sont que des épines qui le font souffrir. Voilà pourquoi je ne fais pas de polémiques : quand vous approchez doucement de votre ennemi, dont vous avez peur parce que vous voyez ses dents, ses griffes, ses menaces, vous vous apercevez que ses griffes sont des épines qui le font souffrir. Les hurlements qui vous font peur, sont des hurlements de douleur.

Tous les dragons de votre vie, ne sont que des princesses qui appellent au secours.

Saint-Jérôme et le lion - Liberale da Verona, début XVIème siècle
Saint-Jérôme et le lion – Liberale da Verona, début XVIème siècle
Saint-Jérôme et le lion - Vittore Carpaccio, 1500
Saint-Jérôme et le lion – Vittore Carpaccio, 1500
Saint-Georges et le Dragon - Vittore Carpaccio, 1502
Saint-Georges et le Dragon – Vittore Carpaccio, 1502