Les acquis sociaux

Avant de se refléter dans un prix payé par le consommateur, avant de se refléter dans quoi que ce soit qu’on puisse imputer comme vice ou vertu aux différentes énergies dont on dispose, l’énergie est une grandeur en physique. Par définition en physique, l’énergie est une grandeur qui caractérise l’état d’un système. Dire que l’énergie est une grandeur physique, c’est dire qu’elle obéit à un certain nombre de lois. Et je soutiens, comme un certain nombre de gens, que les faits scientifiques ne sont pas des opinions, c’est-à-dire qu’ils s’imposent à nous. Et que si on essaie de construire l’avenir en ignorant les faits scientifiques, tout ce qu’on fait, c’est d’aller dans le mur.

Je vais essayer de vous rappeler quelques éléments de base sur l’énergie. C’est par définition ce qui caractérise le changement. On le voit bien du point de vue de l’utilisateur : un certain nombre de choses qui aujourd’hui sont passées dans la vie courante, mais c’est très récent dans l’histoire des hommes, supposent d’utiliser ou de restituer de l’énergie. Alors, c’est le cas par exemple, lors de la modification de la température d’une pièce. Ca va consommer ou restituer de l’énergie.

Si vous mettez un objet en mouvement, ou si vous l’arrêtez, il va y avoir de l’énergie qui va intervenir dans cette histoire. Si vous changez une forme, il va y avoir de l’énergie qui intervient. Aujourd’hui, tous les ouvriers d’usine sont devenus essentiellement des gens qui appuient sur des boutons et des manettes pour piloter des machines, qui vont modifier, changer, déformer, exfiler, extruder, aplatir, emboutir … L’ouvrier moderne n’emploie pas plus ses muscles que l’employé des services.

On utilise de l’énergie quand on modifie une composition chimique. C’est du reste celle que notre organisme a utilisé en premier pour qu’on ait des muscles et qu’on puisse se mouvoir. Quand vous avez un corps qui se déplace dans un champs avec lequel il interagit, vous avez de l’énergie qui intervient. Quand une composition atomique change, vous avez de l’énergie qui intervient. ET soi dit en pensant, toutes les énergies qu’on utilise sur Terre sont des dérivés directs ou indirects de l’énergie nucléaire. Et enfin, vous avez de l’énergie qui intervient quand de la matière et du rayonnement interagissent. Donc dire qu’on utilise de l’énergie ou qu’on change le monde qui nous entoure, c’est exactement pareil.

De là, soit dit en passant, vous avez une conclusion simple qui est que l’énergie propre n’existe pas, puisque par définition, utiliser de l’énergie, c’est changer ce qui nous entoure, et ça ne peut pas être propre. Etre propre, c’est laisser les lieux dans lesquels vous les avez trouvés. Quand on utilise de l’énergie, c’est justement pour faire l’inverse. Donc l’énergie propre ne peut exister. Par contre, ce qui peut exister, c’est une énergie dont les bénéfices sont significativement plus importants que les inconvénients. Ou l’inverse. Mais une énergie propre, ça n’existe pas. C’est juste une affaire de chiffres.

Ce qui a fait la totalité du monde qui nous entoure : les 35 heures, l’égalité homme-femme, le divorce, les études longues, la tertiarisation de l’économie, l’étalement urbain, la concentration urbaine, les campagnes qui se vident, … c’est juste ce que je vais vous expliquer maintenant : la comparaison entre l’énergie qu’est capable de fournir vos muscles ou les miens, et l’énergie qui est associé à toutes les machines que nous utilisons (ordinateur, train, machine à café …)

Si je prends mon organisme humain, et que je prends quelqu’un de bien entrainé. Donc je prends un militaire du PGHM, et je le fais monter sur le mont Blanc, chose qu’il fait tous les matins pour se mettre en appétit. Si mon militaire pèse 65 kg, il aura restitué dans cet exercice de l’ordre d’un demi kilowatt-heure (kWh) d’énergie mécanique.

Je ne sais pas qui d’entre vous est monté en haut du mont Blanc en une journée. Moi, je l’ai fait, mais en deux jours. Ce genre d’effort est assez significatif. Et si vous faites ça le lundi, vous ne ferez pas cela le mardi, ni le mercredi, … Donc, le maximum d’un organisme humain est capable de fournir avec ses jambes, qui sont les muscles les plus puissants de notre organisme, en une journée, c’est une fraction de kWh.

Un organisme humain produit une fraction de kWh par journée de travail. Admettons que je ne sois pas un esclavagiste, mais quelqu’un qui paie correctement ses employés, et bien en payant cette personne au smic, donc je l’installe sur un pédalier dans une usine. Je la fais pédaler comme un forcené pour me fournir de l’énergie. Je paierai mon kWh d’énergie mécanique de l’ordre d’une centaine d’euros. Quand bien même, je ne respecterai aucune des lois sociales en vigueur dans ce pays, et que je ferai appel à des esclaves, le simple fait de devoir les maintenir en vie, les nourrir, les protéger du froid et des prédateurs, m’amènerait encore mon kWh d’énergie mécanique à quelques euros ou quelques dizaines d’euros. Et vous verrez la comparaison tout à l’heure avec l’énergie des machines, et vous comprendrez pourquoi l’esclavagisme a disparu. Si maintenant, je fais appel à quelqu’un qui utilise ses bras, en gros, je suis un facteur dix en dessous, et donc le prix est un facteur dix au-dessus. Si je prends maintenant notre très chère essence : 1 litre d’essence contient de l’ordre de 2 kWh d’énergie chimique. Une fois que je fais passer cela dans un moteur, j’ai quelques kWh d’énergie mécanique. Ce qui veut dire qu’en coût marginal, le kWh issu d’une machine va coûter de mille à 10 000 fois moins cher que le coût du travail de quelqu’un qui est payé au SMIC.

Une fois que je vous ai dit ça, je vous ai dit que n’importe quel différentiel de salaire se compense par n’importe quel trajet, en mettant des machines à notre service, on a multiplié notre pouvoir d’achat par 50, 100, 1000.

Je vous ai tout dit. Tout. Absolument tout : tout ce qui fait les acquis sociaux résident là-dedans.

Les trois singes de la sagesse