Les bases neuronales de l’amour

Le conscient, le préconscient, le subconscient

La subconscience : je ne pense pas que je pense ou je ne pense pas que je fais (quand je conduis par exemple), mais je fais et c’est automatique. Je n’ai pas une pensée sur ma pensée. Je n’ai pas une pensée sur ce que je fais.

La préconscience : je ne pense pas que je fais quelque chose, je ne pense pas que je ressens, je ne pense pas que je pense, mais je pense, je fais ou je ressens, mais sans que ce soit automatique. Par exemple, lorsque j’écoute une interview à la radio tout en conduisant : je suis concentré sur ce qui se dit sans que ce soit automatique et sans penser à ce que je pense.

La conscience : c’est une pensée sur une pensée, une pensée sur ce qu’on fait. La meta-cognition. Et c’est le cortex cérébral qui prend en charge la conscience.

La subconscience

La subconscience a des propriétés incroyables : je suis tout le temps dans un état de comportements automatiques, ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de temps en temps des comportements non automatiques. Par ailleurs, tous les animaux (en tout cas les mammifères, les primates et donc nous) ont des comportements automatiques. Enfin, c’est la meilleure manière de juger les gens : nous avons 48 muscles sur le visage, qui expriment tout. Ce ne sont pas les yeux qui expriment, ce sont les micro-contractions de ces petits muscles qui expriment tout, même le mensonge. Cette subconscience est très importante, et les comportements automatiques (moteurs, cognitifs et émotionnels pour être simple) sont sous-tendus par ce qu’on appelle les noyaux gris de la base (ou noyaux gris centraux).

Noyaux gris centraux

Les noyaux gris centraux

Une grande partie de nos informations conscientes vont arriver dans les noyaux gris centraux (ou noyaux de la base), ces territoires très convergents, très ramassés et très denses où sont gérés les comportements automatiques. Il y a beaucoup de littérature écrite à ce sujet depuis 30 ans. En simplifiant, ces noyaux gris centraux jouent un rôle dans l’exécution automatique des plans moteurs appris. La poignée de main par exemple est un mouvement appris, automatique en occident. Au japon, on ferait un autre geste de salutation. La poignée de main, mais aussi les gestes pour manger mettent en jeu une série de programmes, qui sont imprimés dans notre cerveau, et les noyaux gris centraux jouent un rôle dans l’exécution automatique de plans moteurs appris.

Les noyaux gris de la base représentent 1/50ème du poids du cerveau chez l’homme. Chez le pigeon ou chez le rat, cela représente la partie essentielle du cerveau. Chez nous, c’est plus gros, mais c’est surtout le cortex cérébral qui s’est développé de manière considérable.

Est-ce que les noyaux gris centraux jouent un rôle dans les intellects ou dans les émotions ?

Comment montrer que ces noyaux jouent un rôle essentiel dans les émotions ?

Deux scientifiques anglo-saxons, Andreas Bartels and Semir Zeki, ont fait une publicité dans les journaux pour recueillir dix-huit couples en état d’amour, profondément amoureux. Ils ont mis un des membres du couple dans la machine, par exemple le mâle et ont fait passer des photographies de femmes banales, normales. Et de temps en temps l’être aimé apparaît. Par différence entre l’être aimé et le visage d’une femme quelconque.

Que voit-on dans l’électro-encéphalogramme ? J’aurais pu penser qu’on allait voir les structures les plus développées de notre cerveau : l’amour, c’est tellement subtile, tellement fin !

Love brain

Et bien non : certes on allume le cortex cingulaire antérieur, mais on allume surtout les territoires émotionnels de ces petites structures tout en bas. Et si vous y réfléchissez, quand vous tombez amoureux, vous ne vous dites pas : « tiens, elle est blonde, elle est comme si, elle est comme ça. » Non : c’est immédiat, c’est automatique. Ce n’est pas réfléchi

Et si vous avez déjà vu des pigeons qui s’aiment d’amour tendre, le cerveau d’un pigeon, c’est des noyaux gris centraux. C’est essentiellement ça.

Ceci suggère que ces petites structures-là, en partie les structures émotionnelles, jouent un rôle aussi subtile que l’amour (et d’autres choses bien sûr).