Les idées peuvent exister sans les mots

On sait maintenant qu’il y a une pensée sans langage qui peut être très complexe. On le sait de plusieurs manière : nous venons de faire une expérience récemment qui consiste à scanner une quinzaine de grands mathématiciens (consentants :) ) en IRM, des mathématiciens de haut niveau. C’était exactement pour résoudre cette question : on voulait savoir quelles aires cérébrales s’activent lorsqu’ils réfléchissent à un objet mathématique de très haut niveau, pas pendant très longtemps, juste pendant quatre secondes.

On leur demandait de réfléchir pendant quelques secondes et de porter un jugement : est-ce que tel énoncé est vrai ou faux ou tout simplement absurde. On a vu que lorsqu’ils faisaient cela avec des objets mathématiques, il y avait un réseau particulier du cerveau, un réseau dorsal pariétal frontal qui s’activait et qui n’avait aucun recouvrement avec les aires du langage.

Et si on leur demandait par contre de réfléchir à un problème d’histoire ou de géographie qui ne faisait pas parti des mathématiques, c’était un réseau impliquant certaines des aires du langage qui étaient activées, complètement différent de celui des régions mathématiques.

Donc il y a un réseau mathématiques dans le cerveau qui n’est pas celui des aires du langage, et cela correspond à l’idée d’Einstein.


Les idées peuvent exister sans les mots
— Einstein