Les trous noirs et la forme de l’espace

Avant même de connaître les résultats des satellites WMAP & de Planck dont les missions sont de cartographier le fond diffus cosmologique, Jean-Pierre Luminet s’aventure à expliquer sa théorie sur la forme de l’Univers, en partant de l’observation des trous noirs. Conférence datée de juillet 2000 :

La théorie de la relativité générale, les modèles de trous noirs et les solutions cosmologiques de type  » big-bang  » qui en découlent, décrivent des espace-temps courbés par la gravitation, sans toutefois trancher sur certaines questions fondamentales quant à la nature de l’espace.

Quelle est sa structure géométrique à grande et à petite échelle ? Est-il continu ou discontinu, fini ou infini, possède-t-il des  » trous  » ou des  » poignées « , contient-il un seul feuillet ou plusieurs, est-il  » lisse  » ou  » chiffonné  » ? Des approches récentes et encore spéculatives, comme la gravité quantique, les théories multidimensionnelles et la topologie cosmique, ouvrent des perspectives inédites sur ces questions.

Je détaillerai deux aspects particuliers de cette recherche. Le premier sera consacré aux trous noirs. Astres dont l’attraction est si intense que rien ne peut s’en échapper, les trous noirs sont le triomphe ultime de la gravitation sur la matière et sur la lumière. Je décrirai les distorsions spatio-temporelles engendrées par les trous noirs et leurs propriétés exotiques : extraction d’énergie, évaporation quantique, singularités, trous blancs et trous de ver, destin de la matière qui s’y engouffre, sites astronomiques où l’on pense les avoir débusqués.

Le second aspect décrira les recherches récentes en topologie cosmique, où l’espace  » chiffonné « , fini mais de topologie multiconnexe, donne l’illusion d’un espace déplié plus vaste, peuplé d’un grand nombre de galaxies fantômes. L’univers observable acquiert ainsi la forme d’un  » cristal  » dont seule une maille correspond à l’espace réel, les autres mailles étant des répliques distordues emplies de sources fantômes.

Pour en savoir plus sur les trous noirs stellaires, voir l’article du Cosmographe ou wikipedia