Miroirs

Les miroirs réfléchissent trop. Ils renversent prétentieusement les images et se croient profonds.

— Jean Cocteau

Le Faux Miroir - René Magritte - 1928
Le Faux Miroir – René Magritte – 1928

Quelque chose qu’on peut mettre en dehors de son corps …

Un miroir si grand soit-il est toujours circonscrit. Il inscrit une réalité dans la réalité, en une sorte de mise en abyme. A la fois, il renvoie, c’est-à-dire qu’il semble nous regarder, mais de l’intérieur de nous-même. Le miroir réintroduit le double, mais surtout tout ce qui a rapport avec la réalité, à savoir : quelque chose dans l’image de nous-même, nous ramène au temps et à la mort. Le miroir ramène comme cela à des effets de réalité, qui peuvent être dérangeants, et cela peut être en même temps un système d’emprise pour appréhender une réalité qui vacille. Le miroir amène un double quand on le désire, et qu’on peut aussi ne pas le voir.

René Magritte - La Reproduction interdite, 1937
René Magritte – La Reproduction interdite, 1937

Réflexions

Pourquoi y’a-t’il un tel lien entre le miroir et la pensée ? La pensée serait-elle le miroir d’autre chose ? La pensée serait-elle une simple réflexion ? La pensée serait-elle l’acquisition de toutes les parcelles de savoirs que les autres nous ont envoyés comme des images, nous-même étant un miroir qui absorberait ces parcelles, et qui les conserveraient et les transformeraient ? Le savoir du miroir parait évident, et en même temps, c’est une piste brouillée, puisque le miroir est un truqueur : le miroir joue toujours le rôle de réflexion, mais aussi brouille les pistes.

Nous interprétons …

René Magritte - Le principe de plaisir, 1937
René Magritte – Le principe de plaisir, 1937