On va seul vers le seul

Il y a quelque chose qui s’empare de Jung psychiquement, qui vient du plus profond ou du plus haut de lui. Je crois qu’il faut dire les deux en même temps. Et il est pris complètement à revers : jusque là, il était le psychiatre internationalement reconnu, très sûr de lui, très sûr de sa discipline. Et tout à coup, il est soumis à une expérience qui fait voler tout cela en éclat. C’est-à-dire que la représentation qu’il avait de lui-même, l’image qu’il donnait de lui-même aux autres, tout cela perd complètement sa valeur et son pouvoir de légitimité. Il se rend compte de la mascarade, dans la mesure où c’est le masque qu’il se donnait à lui-même et aux autres. Et que ce à quoi il est appelé, c’est de se confronter avec ce qu’il y a de plus intérieur, de plus profond en lui. C’est une expérience qu’on ne peut faire que solitaire. C’est ce qui arrive à Jung. Dans toute expérience intérieure, on va seul vers le seul.

On ne peut aller que seul vers le seul.

— Plotin

Seul vers le seul