Théophanie

Ce divin lorsqu’il se révèle, se révèle non pas dans ce que nous pourrions appeler théologiquement une face féminine de Dieu, mais, et l’Islam va encore bien plus loin dans cette féminité, Dieu se révèle dans les traits d’une femme particulière.

La femme ou la manifestation divine

Ce n’est pas la Femme avec un grand F, l’idée de la femme, l’image ou le symbole de la femme que nous avons. C’est éventuellement la femme tout à fait particulière, que l’on rencontre un jour dans tel lieu et avec laquelle nous vivons d’une certaine manière un roman d’amour.

Le Jasmin des fidèles d’amour, Baqli Ruzbehan

Le Jasmin des fideles d'amour

L’interprète des désirs

L'interprete-des-desirs

Lorsqu’Ibn Arabi raconte ce qui lui est arrivé lors de son pèlerinage à la Mecque. Alors qu’il était en train de camper autour du lieu sacré, il rencontre une jeune femme venue de Perse. Il tombe dans un éclair amoureux fou de cette femme, cette femme réelle. A travers son amour pour cette femme, son âme va comprendre que cette femme particulière est la théophanie divine. C’est-à-dire qu’elle porte en elle la révélation de Dieu. Elle porte en elle l’apparition même de Dieu. Et le désir, car il faut bien dire les mots tels qu’ils sont, le désir qu’elle provoque chez l’homme est la figure théophanique même du désir que la créature humaine a pour le seigneur inconnu.

Et c’est là où il y a là une radicalité de l’Islam, car je ne vois pas que même dans les courants mystiques du christianisme, on ait osé dire que Dieu se révélait sous les traits d’une femme particulière et concrète.